Cinespaña
La billetterie pour les séances du festival à la Cinémathèque est ouverte : sur place au 69 rue du Taur et en ligne sur notre site de billetterie.
Les pass et carnets Cinespaña sont disponibles à la vente auprès de l’accueil de la Cinémathèque mercredi 30 septembre et jeudi 1er octobre de 15h à 18h puis auprès de l’accueil du festival Cinespaña à compter du vendredi 2 octobre.
Des Européens en exil
On connaît l’histoire fameuse (et quelque peu enjolivée par l’intéressé) de Fritz Lang quittant précipitamment l’Allemagne au lendemain d’une rencontre avec Goebbels lui proposant de prendre en main les destinées cinématographiques du nouveau régime. Comme Robert Siodmak, Lang fit étape en France avant de rejoindre les États-Unis en 1934. D’autres (Michael Curtiz, Billy Wilder, William Dieterle) avaient été invités à rejoindre Hollywood avant l’accession au pouvoir du parti nazi. Tous partagent (avec Ernst Lubitsch, installé depuis 1922, et Douglas Sirk qui n’arrivera aux États-Unis qu’à la fin des années 30) une formation artistique et théâtrale à Vienne ou à Berlin (souvent avec Max Reinhardt, le grand rénovateur de la mise en scène théâtrale).
À l’occasion de la rétrospective consacrée aux films américains de Fritz Lang, et avant la grande exposition Métropolis qui se tiendra à l’espace EDF-Bazacle au printemps prochain, nous vous proposons un bref arrêt sur ces cinéastes de l’exil. Ils furent en effet nombreux à renouveler certains grands genres hollywoodiens (film noir, film d’aventure, film de guerre, et même western) sans renier pour autant la tradition esthétique dont ils étaient issus, et en particulier l’expressionnisme. Ce qui les retient à l’Europe est également sensible dans les films qui se déroulent sur le vieux continent, qu’il s’agisse de lutter contre le nazisme (To be or not to be de Lubitsch ; Les Bourreaux meurent aussi de Lang, Hitler’s Madman de Sirk), ou de revenir à une Allemagne dévastée par la guerre (Le Temps d’aimer et le temps de mourir de Sirk encore, qui y évoque en creux la perte de son fils sur le front russe ; La Scandaleuse de Berlin de Wilder). Que Marlène Dietrich, autre exilée, incarne dans ce dernier film une figure archétypale de Berlinoise ne relève pas du hasard. Cette histoire, dont le cinéma retranscrit les soubresauts, est aussi la sienne.
Christophe Gauthier